Indigène ou exotique : le débat du vingt-et-unième siècle
Les jardiniers doivent-ils planter les espèces indigènes de leur région, les cultivars les mieux adaptés aux conditions de jardin, ou ce qu'ils trouvent simplement beau quelle qu'en soit l'origine ? Le débat indigène contre exotique est devenu l'une des questions les plus contestées de l'horticulture contemporaine, avec des arguments solides et des complications inattendues des deux côtés.
L'argument pro-indigène
Les plantes indigènes nourrissent les insectes indigènes, qui nourrissent les oiseaux indigènes. L'exemple classique : un chêne britannique nourrit environ 250 espèces d'insectes ; un sycomore importé en nourrit quinze. La plantation indigène est l'action la plus efficace qu'un jardinier puisse prendre pour la biodiversité.
L'influence de Doug Tallamy
Les livres de l'entomologiste américain Doug Tallamy (Bringing Nature Home, 2007 ; Nature's Best Hope, 2019) ont défendu l'idée que les jardins résidentiels — collectivement le plus grand habitat contigu des États-Unis — ne pouvaient soutenir les fonctions écosystémiques que par une plantation indigène.
L'argument pro-exotique
Beaucoup d'espèces indigènes sont des envahissantes agressives, inadaptées aux petits jardins. Beaucoup d'exotiques offrent des périodes de floraison plus longues, de meilleures performances et une beauté indisponible dans la flore locale. Le changement climatique déplace aussi les repères : l'exotique d'hier peut être l'adaptation nécessaire de demain.
Que veut dire « indigène » ?
La question plus difficile : indigène quand ? Avant 1492 ? Avant les Romains ? Avant les glaciations ? Beaucoup de plantes « indigènes » britanniques sont arrivées avec les Romains ou les Anglo-Saxons. Un nativisme préhistorique strict peut être impossible à opérationnaliser.
Complications climatiques
À mesure que les zones climatiques remontent vers le nord, les espèces qui prospéreront en Angleterre centrale en 2080 sont en grande partie méditerranéennes. L'argument indigène pourrait être miné par la nouvelle réalité climatique.
La voie médiane
La plupart des auteurs contemporains (Noel Kingsbury, Beth Chatto, James Hitchmough) préconisent une plantation indigène fonctionnelle dans les zones principales, avec des exotiques soigneusement choisies pour l'effet ornemental — approche hybride défendable écologiquement et esthétiquement.
Où voir le débat
High Line (le mélange prairie d'Oudolf est majoritairement non-indigène à NYC), Lurie Garden Chicago, Bringhurst Park Toronto, Pensthorpe (indigènes UK), Beth Chatto Gardens (exotiques adaptées au climat).
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